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III
– La famille de Berghes
Pierre de Berghes reçoit donc la succession des Berghes et des Olhain. Il sera gouverneur d'Aire pour l'archiduc Maximilien d'Autriche (époux de Marie de Bourgogne, héritière du duché de Bourgogne).
Son fils, Jean II de Berghes lui succède en tant que gouverneur, mais passe dans le camp adverse lorsqu'en 1482, il vend la ville d'Aire au Roi de France.
En 1483, Jean II de Berghes est nommé par Louis XI conseiller et chambellan du Roi, capitaine et gouverneur des finances. Mais bien qu'il soit passé dans le camp français, Jean ne peut rentrer en Artois. Le sieur Boulens, partisan français, s'est approprié le château entre temps. Il l'utilise comme base d'opération en Artois.
C'est à cette époque que Marguerite de Bourgogne, fille de Marie de Bourgogne, se fiance au dauphin Charles (futur Charles VIII) et lui apporte l'Artois en dot. Après le décès de Louis XI (30 août 1483), l'Artois passe donc sous l'autorité de Charles VIII, devenu Roi de France.
Vers 1489, Maximilien d'Autriche reprend l'Artois au roi de France. En 1494, Philippe le Beau, son fils, âgé de 16 ans et légalement majeur, est promu comte de Flandre et d'Artois. Par le biais de son mariage avec l'héritière du trône de Castille (1496), les comtés d'Artois et de Flandre passent sous la tutelle espagnole. Philippe le Beau devient roi de Castille en 1504, par succession de son beau-père, et décède en 1506, laissant à son fils Charles Quint les comtés d'Artois et de Flandre. Le 26 mars 1521, Jean II de Berghes, allié du roi de France, se voit confisquer sa terre d'"Olhain-les-Houdaing".
Il faudra attendre 1529 et la paix de Cambrai pour que Pierre II de Berghes, fils de Jean II, récupère ses terres rachetées ou rendues par Charles Quint, au service duquel il se consacra. La terre d'Olhain a donc été retirée aux Berghes pendant près de 50 ans.
Durant la guerre des Gueux en 1566-1567, les bois d'Olhain furent infestés par des bandes de protestants en armes. Durant cette période de troubles et d'insécurité, le seigneur Pierre II sera lui-même suspecté d'accointance avec les Huguenots. C'est ce qui ressort d'une correspondance de Philippe II, fils de Charles Quint, comte de Flandre et roi d'Espagne, dans laquelle Pierre II de Berghes est cité comme l'un des gueux d'Artois.
Mais son petit-fils, Jean II de Berghes était catholique déclaré; son alliance avec Antoinette de Rambures suffit à le prouver.
Sous le règne de Philippe II, l'Artois et la Flandre deviennent la proie des Français. C'est à cette époque que le château d'Olhain subit plusieurs sièges. Le château en souffrit beaucoup. L'édifice avait dû subir par le passé de nombreux sièges, notamment pendant la guerre de cent ans, mais ce n'est qu'à partir du XVIIème siècle que l'on trouve des traces écrites témoignant d'expéditions menées contre la forteresse.
Ainsi, le 26 mars 1641, "Saint-Preuil, gouverneur d'Arras, informé que les Espagnols ravageaient les campagnes, se mit aussitôt à la tête de sa cavalerie et résolut de forcer à la retraite cet ennemi audacieux"[6]. La garnison ne put être maîtrisée que par la ruse: profitant de la sortie des bêtes de la basse-cour pour les pâturages, les attaquants jusqu'alors cachés, investirent la place. "Ce ne fut pas néanmoins sans résistance, car deux soldats qui étaient venus à la porte pour baisser le pont-levis furent tués. Les soldats (…) entrèrent aussitôt dans le château et passèrent au fil de l'épée tout ce qui s'y trouva en armes"[7]. Dès lors, Saint-Preuil s'en servit comme moyen de harcèlement contre les Espagnols.
En 1654, les Espagnols, qui sans doute avaient occupé de nouveau le château entre temps notamment durant le siège d'Arras, firent sauter les deux tours, qui se trouvaient sur le quatrième côté de l'enceinte du château. Elles n'ont jamais été reconstruites, et un simple mur d'appui clôt aujourd'hui la cour. VOIR PHOTOS.
La terre d'Olhain passe parallèlement en héritage à Charles de Berghes. Des séjours sont signalés au château en 1683-1684. Il est encore habité en 1686 par Anne de Berghes, fille de Charles, mariée à son cousin Pierre de Berghes, mais ce ne fut que chose passagère.[8] Pendant de longues années et même plusieurs siècles, Olhain fut presque abandonné par ses seigneurs, qui résidaient de préférence à Boubers-sur-Canche, et plus tard, au Perche.
En 1710, les Alliés occupèrent à plusieurs reprises tout le pays pendant le siège de Béthune, et les Hollandais s'emparèrent du château qui souffrit beaucoup du feu de leur artillerie. [9]
Pendant la Révolution française, le domaine appartient à Marie Madeleine Ignace de Berghes, veuve de Pierre III de Berghes, arrière-petit-fils d'Anne de Berghes. En 1799, date de sa mort, la succession est partagée entre les neveux de Pierre III.
En 1817, des travaux d'entretien et de réparation sont mentionnés, mais aucune précision n'est apportée quant à leur nature.
Diverses mentions de séjours attestent de la venue des propriétaires de passage souvent pour quelques jours à Olhain[10]. Hédouin note en 1830[11], que "Hollain appartient à la princesse de Berghes qui ne l'habite point et il est facile de s'en apercevoir à l'état de délabrement et de nudité des vastes salles qui la composent".
C'est à partir de 1830, sous Louis-Philippe, que le duc de Berghes et son épouse la princesse Gabrielle de Broglies, y firent entreprendre des travaux pour faire de leur château leur résidence d'été. Ainsi, le premier pont-levis est supprimé pour être remplacé par un simple pont dormant qui franchit les douves. Par ailleurs, un fronton fut ajouté à la façade d'entrée du château, ce qui demanda de surélever la courtine.
A cette époque furent donc probablement aménagés les appartements des ailes Nord et Sud qui accueillirent au second niveau des chambres avec alcôves qui nous sont parvenues dans un assez mauvais état, puisque le château a subi la tourmente des deux Guerres mondiales.
La modification majeure qui intervient en 1840, est l'aménagement de la chapelle qui fut logée dans la tour Sud-Est du château. En effet, ceci demanda la suppression d'un des niveaux de la tour. La chapelle possédait à l'époque un reliquaire de Sainte Constance, martyre romaine, que le duc de Berghes avait obtenu du Saint-Siège. Ces reliques se trouvent aujourd'hui en l'église de Fresnicourt-le-Dolmen sous le maître-autel.
En 1870, le dernier représentant de la famille, Pierre-Marie de Berghes, âgé de 20 ans, et chef d'escadron, fut tué au cours d'une charge de cavalerie. Dès lors, le château resta à l'abandon.[12]
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